BOUTENAC, appellation prédestinée au sein des Corbières

Intro

Dans le sud de la France, entre Carcassonne à l’ouest, Narbonne à l’est et Perpignan au sud, les Corbières étendent leurs doux reliefs méditerranéens. La vigne a toujours été là.

Les Romains sont les premiers à avoir exploité ses qualités et développé le commerce du vin. Depuis, la viticulture a connu des périodes de gloire mais aussi des crises dramatiques. De cette histoire, les vignerons de Boutenac ont gardé le meilleur : une forme de légitimité à produire un vin d’exception sur un terroir historique.

UNE VITICULTURE HISTORIQUE

UNE VITICULTURE HISTORIQUE

On situe l’implantation de la vigne dans les Corbières à la fin du Ier siècle avec le règne d’Auguste le romain. Les légionnaires vétérans reçoivent, pour leur retraite, des terres dans la Narbonnaise et y implantent la vigne et l’olivier dont ils maîtrisent la culture. On trouve des traces de l’implantation romaine sur Boutenac, Fabrezan, Ferrals-les-Corbières, Lézignan-Corbières, Montséret. Clovis et la guerre des Francs ont fini par détruire le vignoble romain. Ce n’est qu’au Moyen Âge avec les monastères et les abbayes que les vignes ont repris leur place et leur importance dans la culture locale. Le véritable essor de la viticulture se produit avec le développement du transport du vin.

L’ouverture du Port de Sète en 1670 puis la mise en service du Canal du Midi en 1681 sont les premières opportunités. Mais la polyculture est encore de rigueur. C’est l’arrivée du chemin de fer après 1850 qui accélérera le commerce du vin et de l’alcool et permettra l’épanouissement de grandes propriétés viticoles. Entre 1852 et 1878, la surface viticole double dans l’arrondissement de Narbonne. Les grandes crises qui ont marqué le XX° siècle n’ont pas diminué le vignoble des Corbières, les propriétés ont changé de forme, ce sont souvent les ouvriers qui ont repris des vignes morcelées, la coopération permettant la mise en commun des outils de production et de commercialisation. L’histoire viticole s’est construite avec une succession de réglementations, de réformes, d’ordres et contrordres pour la profession. La fin du XX° siècle se distingue par la mise en place d’une politique de qualité, tant dans les caves particulières que dans le système coopératif.

Le XXI siècle débute avec la reconnaissance qualitative d’un terroir majeur dans le Languedoc : l’A.O.C. Corbières-Boutenac.

L’ORIGINE DU NOM BOUTENAC

L’ORIGINE DU NOM BOUTENAC

La division de l’appellation Corbières en onze terroirs a repris les noms des principales communes pour les désigner. Boutenac est un nom prédestiné selon l’archiviste Jules Doinel qui estimait que la racine des noms en BOT indique “ un terroir, une circonscription agraire et domaniale ”. Les premières apparitions du nom de Boutenac se situeraient en 846 sous le terme de Villa Boltennago (ADA, H 65), une villa dans laquelle l’abbaye de Lagrasse possédait des droits. Le nom évolue en 1133, Bottenacum (H.L.,V,inscript. N° 38) puis 1271 Castrum de Botenacho d’Amont et castrum de Botenacho d’Aval puis au XIV° siècle aux archives de Narbonne, Bothenac, en 1538 au diocèse de Narbonne Botenac puis en 1781 Boutenac.

LE TERROIR BOUTENAC

LE TERROIR BOUTENAC : Il fait partie des 11 terroirs au sein de l’appellation AOC CORBIERES.

Il produit des vins, rouges, rosés et blancs, tous régulièrement reconnus et récompensés par la profession au travers des innombrables médailles reçues depuis des décennies. Les rouges grenat ou rubis soutenu, au nez marqué de fruits noirs, d’épices, de thym, de romarin, sont amples en bouche, avec une parfaite harmonie des saveurs. Les tanins sont soyeux et fondus. Frais en bouche, amples et longs, les blancs pâles aux reflets verts ou jaunes se distinguent par un nez floral d’une belle finesse et parfois par des notes vanillées et boisées. Les rosés floraux et fruités réalisent un bel équilibre en bouche, avec une grande persistance aromatique

LA MATURITE

L’aire géographique de l’appellation s’étend sur dix communes. Le climat connaît des différences subtiles selon l’importance de l’influence méditerranéenne. Le sous-sol, fondamental pour l’alimentation des vignes, est composé de quatre grands types géologiques dont le principal est d’origine tertiaire. Les zones délimitées sont sur des reliefs de collines. Une grande partie de l’aire est enrochée, occupée par la garrigue et la petite forêt, la vigne en est absente. La superficie totale du terroir classé Boutenac représente un potentiel de 2.513 hectares dont moins de la moitié est plantée en vigne.

LA GEOLOGIE

LA GEOLOGIE

DE L’ERE SECONDAIRE AU TERTIAIRE Le couple sous-sol et sol détermine le développement de la vigne. Il doit permettre de la préserver du stress par manque d’eau comme de l’asphyxie par stagnation. Il doit avoir assez de “ nourriture ”, sans en avoir en excès. Les racines doivent pouvoir descendre. C’est pourquoi les vieilles vignes qui ont eu le temps de développer un enracinement profond, dans des sols de coteaux, ont souvent le meilleur potentiel vinicole.

LE CLIMAT : MEDITERRANÉEN

Il est typiquement méditerranéen avec un été sec et chaud. L’altitude maximum du terroir est de 180 mètres. Les pluies sont rares mais abondantes voire orageuses.. L’hiver est doux. Le vent dominant est le “ Cers ” venant du nord-est, il préserve le vignoble des maladies cryptogamiques (les pourritures). Le “ Marin ” porte avec lui les embruns de la mer. Il apporte une humidité souvent indispensable en été.

L’HARMONIE PAR NATURE

Il s’étend sur les communes de Boutenac, Montseret et une partie de Thézan, Saint-Laurent de la Cabrerisse, Fabrezan, Ferrais, Ornaisons, Luc-sur-Orbieu, Villerouge la Crémade, St André de Roquelongue.

PRINCIPAUX CEPAGES

- Rouges et rosés : Vieux Carignan, Grenache noir et gris, Syrah, Mourvèdre.

- Blancs : Grenache blanc, Marsanne, Roussanne.

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